Pépé est un sconse, une mouffette rayée[1], en anglais striped skunk (et non un putois) qui se promène allègrement un peu partout, généralement dans les rues de Paris au printemps – saison des amours – ou partout ailleurs. D’une nature décontractée et confiante, Pépé est perpétuellement à la recherche du grand amour. Malheureusement pour lui, il possède deux grands défauts qui le désavantagent : il dégage une odeur insupportable et il est beaucoup trop insistant quand il courtise une « belle femme skunk fatale ». Il prend continuellement les refus et les fuites de ses « prétendantes » pour des preuves d’amour ou une sorte de jeu de leur part en retour. Il est l’archétype plus ou moins stéréotypé de l’homme séducteur de type Don Juan, archétype renforcé par ses expressions, ses gestuelles et son accent franco-italien.
Pépé devrait normalement trouver l’amour auprès d’une mouffette femelle. Pour son plus grand malheur, et sans qu’il s’en rende jamais compte, il rencontre toujours la même chatte noire, Penelope Pussycat (un personnage qui ne parle jamais). Dans chaque épisode, Penelope reçoit accidentellement de la peinture blanche sur la tête et sur le dos sous forme de longue bande, ce qui lui donne l’aspect d’une mouffette (lors de sa première apparition, il s’agissait en réalité d’un chat mâle de couleur orange qui ne réapparaitra plus). Pépé multiplie les tentatives pour courtiser la belle, faisant fi de ses repoussements, passant outre son refus et ignorant la peur qu’il lui inspire. Pénélope, fortement indisposée par l’odeur fétide de Pépé, se sauve toujours en courant, ce qui donne lieu à divers gags. C’est là le scénario de base de la majorité des apparitions et des œuvres centrées sur ce personnage.
Lors de la première apparition de Pépé, en 1945, dans le court-métrage C’est le Bouquet, on découvre à la fin qu’il est déjà marié à une femelle de son espèce et père de deux enfants (non nommés), qui ne réapparaîtront plus par la suite. Ici, Pépé est donc également infidèle, semble-t-il, sans vraiment le vouloir, ce qui renforce encore plus la référence à Don Juan. C’est à cette occasion que Pépé est – chose rare voire unique – puni à la fin, remis à sa place par sa femme qui l’assomme avec un parapluie car elle ne croit pas un mot de son excuse peu crédible, à savoir qu’il aide à ce moment-là le chat à nettoyer son œil avec un chiffon. On peut aussi voir, à cette occasion, que Pépé est gêné d’être découvert et qu’il craint même la réaction de sa femme (il a une mine gênée et souriante, bégaie un peu et met en évidence ses dents du haut dans l’espoir qu’elle croira à son excuse).
Par la suite, les apparitions de Pépé consisteront invariablement à mettre en scène la fuite et l’évasion définitive de Pénélope des pattes de Pépé, qui a simplement échoué à l’attraper. La morale qu’on peut en tirer est ici moins claire que dans le court-métrage de 1945.

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